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POSTER - Gosta1

La Légende de Gösta Berling • Mauritz Stiller • 1924 Mauritz Stiller / 1924

Vers 1820 dans le Värmland, le pasteur Gösta Berling est chassé de son presbytère pour ivrognerie. Devenu le précepteur d’une riche et pieuse héritière, il va faire de multiples rencontres…  [article]
Mauritz Stiller (1883-1928) fut, avec Victor Sjöström, le grand cinéaste de l’âge d’or muet suédois. Comme son collègue, il manie un certain réalisme (tournage en extérieurs), adopte le patrimoine littéraire national (Selma Lagerlöf), et se confronte à la grandeur d’une nature rude. Mais à l’inverse du lyrisme qui marqua le cinéma de Sjöström, l’approche de Stiller se caractérise, même face aux récits les plus comiques ou romanesques, par une sécheresse économe, un style droit et presque ascète, rigoureux et patient. La Légende de Gösta Berling, apogée artistique de la carrière de Stiller, est aussi l’occasion pour le cinéaste de révéler Greta Garbo, actrice dont il va façonner l’ascension, et avec laquelle il sera invité à Hollywood. Mais la MGM s’approprie immédiatement Garbo, la faisant tourner avec d’autres cinéastes, et rabat Stiller sur des projets mineurs. Déçu, usé, et d’une santé fragile, Stiller rentre en Suède, où il meurt précocement en 1928.
La “Svenska Biografteatern” (rebaptisée “Svensk Filmindustri” lors d’une fusion en 1919) fut la compagnie majeure du muet suédois. Son chef de production, Charles Magnusson, y embauche en 1912 trois figures décisives du muet national (Victor Sjöström, Mauritz Stiller et Georg af Klercker) : ceux-ci, se formant ensemble, inventeront les codes faisant la renommée de “l’école suédoise” (relation de l’homme à la nature, tournage en extérieurs, goût pour la psychologie, grande qualité plastique). Le studio fut aussi célèbre pour ses collaborations étrangères (y tourneront ainsi nombre de grands noms européens : Dreyer, Christensen, Veidt…), et produira après-guerre les films de Bergman.
Suède / 3h03 / Imdb / DVD
Titre original : Gösta Berlings saga
POSTER - Guide6b

Guide • Vijay Anand • 1965 Vijay Anand / 1965

Rosie, fille d’une courtisane, a été mariée par sa mère à un riche homme austère pour sauver son avenir. Elle a dû taire sa passion pour la danse et la musique, que son mari ne juge dignes que des prostituées…
Vijay Anand (1934-2004), souvent surnommé “Goldie Anand”, est le cadet d’une célèbre famille du cinéma indien (sa carrière est par exemple inextricablement liée à celle de son grand frère, la star Dev Anand, qui tounera dix fois sous sa caméra). S’il a également été scénariste, acteur, ou encore monteur, on retient surtout Vijay Anand comme le réalisateur de grands succès commerciaux du cinéma hindi, notamment deux films : Guide, qui reçut un dithyrambique accueil critique, et Johny Mera Naam (1970), qui façonna de nombreux codes du thriller d’action indien. Son style se reconnaît notamment par la haute qualité des scènes musicales : compositions entêtantes, chorégraphies aux configurations singulières, complexité d’une mise en scène à plans longs combinant les mouvements de la caméra et des acteurs, tout en jonglant entre l’avant et l’arrière-plan.
Inde / 3h03 / Imdb / DVD
POSTER uneseperation3c

Une séparation • Asghar Farhadi • 2011 Asghar Farhadi / 2011

Son épouse décidant de le quitter, Nader engage une aide-soignante pour s’occuper de son père malade. Il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l’accord de son mari… (ouverture du film)
Asghar Farhadi (1972-), qui a consacré ses années d’études au théâtre et travailla également comme scénariste, fait quelque peu rupture avec le cinéma d’auteur iranien des années 80-90, qui fut surtout connu pour la radicalité de sa mise en scène (dispositifs explicites, étirement du temps, jeux avec le réel). Les films de Farhadi, sous leur parure réaliste, sont eux des machines narratives implacables, qui connaissent un succès tant festivalier que populaire. Ses récits rythmés et plein de tension vont souvent fouiller le passé, les secrets, ou les non-dits des liens (amicaux, salariés, amoureux, familiaux…) d’un petit groupe de personnages – microcosme dont les mésaventures laissent apparaître, en sourdine et par l’expérience du quotidien, les tensions qui déchirent la société iranienne.
Iran / 2h09 / Imdb / DVD
Titre original : Djodāï-yé Nāder az Simin
POSTER raincoat2

Raincoat • Rituparno Ghosh • 2004 Rituparno Ghosh / 2004

Mannu est sans emploi : il se rend à Calcutta pour emprunter de l’argent à d’anciens amis, afin de monter une affaire et remonter la pente. Entre deux visites, il se rend à la demeure de son ancienne fiancée, qui lui préféra finalement un homme riche, et qu’il n’a pas vue depuis des années…
Rituparno Ghosh (1963-2013), d’origine bengali, fut l’un des réalisateurs les plus singuliers du cinéma indien contemporain. Remarqué dès son second film (Unishe April, 1992, succès commercial et critique), il entame une curieuse filmographie en équilibre entre la production bollywoodienne populaire (dont il reprend la forme et les effets, certains codes, parfois les acteurs) et le cinéma indépendant bengali (nombreux dialogues, films en chambre, chansons parfois absentes – il se réclame lui-même de Satyajit Ray). Sa carrière, marquée par les adaptations (Rabindranath Tagore en premier lieu, mais aussi Shakespeare, O. Henry…), et par les portraits de figures féminines en souffrance, se terminera de manière plus inédite encore, par une série de films centrés sur la sexualité, où Rituparno Ghosh aborde frontalement l’homosexualité et la question transgenre, imprimant sa propre transition à l’image en devenant l’acteur de ses propres films.
Inde / 1h57 / Imdb / DVD
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Printemps dans une petite ville • Fei Mu • 1948 Fei Mu / 1948

Au retour du printemps, en 1946, un couple meurtri par la guerre tente de retrouver un semblant de normalité. Liyan, le mari, est âgé et malade. Yuwen, sa femme, n’est plus amoureuse, et seule sa petite sœur apporte un peu de joie au foyer. Un jour, un ami de leur passé, Zhang, vient leur rendre visite…
Fei Mu (1906-1951) est l’un des grands noms de la deuxième génération du cinéma chinois. Très vite célébré pour ses premiers films à la Lianhua, il se distingue de ses collègues par un style plus poétique, et davantage penché sur le caractère de ses personnages. Sa carrière oscillera de film en film entre désir de naturalisme, formalisme hérité de l’opéra, distance du théâtre, et moralisme confucéen. Comme nombre de réalisateurs, Fei Mu fuit à Hong-Kong en 1949 : auparavant, il aura réalisé avec sa dernière œuvre, Printemps dans une petite ville, un film aujourd’hui souvent considéré comme le meilleur du cinéma chinois – et en tout cas emblématique du très court “deuxième âge d’or” de la seconde génération, coincé entre la fin de la guerre sino-japonaise et la révolution communiste. Longtemps oublié et rejeté par le pouvoir, son cinéma ne sera réhabilité que dans les années 80.
Chine / 1h38 / Imdb / DVD
Parfois aussi titré Le Printemps d’une petite ville
Titre original : Xiǎochéng zhī chūn
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La Souriante Madame Beudet • Germaine Dulac • 1923 Germaine Dulac / 1923

Mme Beudet est malheureuse dans un mariage médiocre et insipide. Elle ne peut s’évader de la grisaille quotidienne que par ses rêveries. Mais l’image de son mari ne la quitte pas…
Germaine Dulac (1882-1942) fut d’abord une journaliste aux positions féministes affirmées, qui infuseront son œuvre par la suite. Profondément convaincue du pouvoir du cinéma (dans sa capacité à exister en tant qu’art à part entière, mais aussi en tant qu’outil éducatif), elle se met à la réalisation en 1915. De sa rencontre professionnelle et amicale avec Louis Delluc naîtra le courant impressionniste français – qu’elle nourrira par une série de films emplis d’effets visuels (jusqu’à flirter avec un cinéma purement abstrait, à la fin des années 20), mais aussi par le biais de ciné-clubs, de cours, ou de nombreux essais théoriques. L’arrivée du parlant la verra se tourner définitivement vers l’aspect documentaire et informatif du cinéma – jusqu’à devenir, en 1935, la directrice adjointe des actualités Gaumont.
France / 0h54 / Imdb / DVD