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Othello • Orson Welles • 1951 Orson Welles / 1951

À Venise, le général Othello suscite l’envie. Poussé par sa propre ambition, le perfide Iago, officier d’Othello, insuffle le doute dans l’esprit du général quant à la fidélité de son épouse… (ouverture du film)
Orson Welles (1915-1985) réalise en 1941, avec son premier film Citizen Kane, une œuvre fondamentale encore aujourd’hui souvent considérée comme le “meilleur film de l’histoire du cinéma”. Il y pose les tous premiers jalons du cinéma moderne (récit éclaté, confrontation des points de vue, manipulation ostensible de la mise en scène), et eut une influence considérable sur l’esthétique hollywoodienne d’alors, comme sur les générations ultérieures de cinéastes (en premier lieu desquels Stanley Kubrick). La virtuosité technique de Citizen Kane, sa fibre expressionniste et baroque, la question de la vérité et de l’illusion, ou encore l’héritage sensible du théâtre ou de la radio (où Welles fit ses premières armes), se perpétueront et s’accentueront au cours d’une carrière difficile, déchirée entre Hollywood (où il ne retrouva jamais sa liberté première) et l’Europe (où les financements manquent).
USA-Italie / 1h30 / Imdb / DVD
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La Légende de Gösta Berling • Mauritz Stiller • 1924 Mauritz Stiller / 1924

Vers 1820 dans le Värmland, le pasteur Gösta Berling est chassé de son presbytère pour ivrognerie. Devenu le précepteur d’une riche et pieuse héritière, il va faire de multiples rencontres…  [article]
Mauritz Stiller (1883-1928) fut, avec Victor Sjöström, le grand cinéaste de l’âge d’or muet suédois. Comme son collègue, il manie un certain réalisme (tournage en extérieurs), adopte le patrimoine littéraire national (Selma Lagerlöf), et se confronte à la grandeur d’une nature rude. Mais à l’inverse du lyrisme qui marqua le cinéma de Sjöström, l’approche de Stiller se caractérise, même face aux récits les plus comiques ou romanesques, par une sécheresse économe, un style droit et presque ascète, rigoureux et patient. La Légende de Gösta Berling, apogée artistique de la carrière de Stiller, est aussi l’occasion pour le cinéaste de révéler Greta Garbo, actrice dont il va façonner l’ascension, et avec laquelle il sera invité à Hollywood. Mais la MGM s’approprie immédiatement Garbo, la faisant tourner avec d’autres cinéastes, et rabat Stiller sur des projets mineurs. Déçu, usé, et d’une santé fragile, Stiller rentre en Suède, où il meurt précocement en 1928.
La “Svenska Biografteatern” (rebaptisée “Svensk Filmindustri” lors d’une fusion en 1919) fut la compagnie majeure du muet suédois. Son chef de production, Charles Magnusson, y embauche en 1912 trois figures décisives du muet national (Victor Sjöström, Mauritz Stiller et Georg af Klercker) : ceux-ci, se formant ensemble, inventeront les codes faisant la renommée de “l’école suédoise” (relation de l’homme à la nature, tournage en extérieurs, goût pour la psychologie, grande qualité plastique). Le studio fut aussi célèbre pour ses collaborations étrangères (y tourneront ainsi nombre de grands noms européens : Dreyer, Christensen, Veidt…), et produira après-guerre les films de Bergman.
Suède / 3h03 / Imdb / DVD
Titre original : Gösta Berlings saga
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Guide • Vijay Anand • 1965 Vijay Anand / 1965

Rosie, fille d’une courtisane, a été mariée par sa mère à un riche homme austère pour sauver son avenir. Elle a dû taire sa passion pour la danse et la musique, que son mari ne juge dignes que des prostituées…
Vijay Anand (1934-2004), souvent surnommé “Goldie Anand”, est le cadet d’une célèbre famille du cinéma indien (sa carrière est par exemple inextricablement liée à celle de son grand frère, la star Dev Anand, qui tounera dix fois sous sa caméra). S’il a également été scénariste, acteur, ou encore monteur, on retient surtout Vijay Anand comme le réalisateur de grands succès commerciaux du cinéma hindi, notamment deux films : Guide, qui reçut un dithyrambique accueil critique, et Johny Mera Naam (1970), qui façonna de nombreux codes du thriller d’action indien. Son style se reconnaît notamment par la haute qualité des scènes musicales : compositions entêtantes, chorégraphies aux configurations singulières, complexité d’une mise en scène à plans longs combinant les mouvements de la caméra et des acteurs, tout en jonglant entre l’avant et l’arrière-plan.
Inde / 3h03 / Imdb / DVD
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L’Enfer • Francesco Bertolini, Giuseppe De Liguoro et Adolfo Padovan • 1911 Francesco Bertolini, Giuseppe De Liguoro et Adolfo Padovan / 1911

Dans une forêt obscure, Dante rencontre Virgile, et entreprend avec lui la traversée des cercles de l’enfer…
Giuseppe De Liguoro (1869-1944) est le plus célèbre des trois cinéastes. Il s‘agit d’un acteur et metteur en scène issu de l’aristocratie (il est comte), qui s’intéressa très tôt au théâtre – ce qui explique entre autres son goût, lorsqu’il se tourne vers le cinéma en 1908, pour les grandes adaptations et les films costumés. Il en tournera plusieurs pour la Milano film, dont il fut le directeur artistique, avant de délaisser Milan en 1914 pour tourner avec d’autres compagnies parsemées à travers l’Italie (Gloria Films, Catene Films, Roman Caesar Film, Gladiator Film…), à qui il offrira plusieurs autres succès commerciaux, notamment en mettant en scène la diva Francesca Bertini.
Il est plus difficile de trouver des informations sur Francesco Bertolini (?-?) et Adolfo Padovan (1896-1930), qui sont seulement connus pour ce film. Le premier était semble-t-il un homme multitâche, ici rattaché à la direction artistique ; le second ne travailla que temporairement pour le cinéma, étant avant tout auteur d’essais littéraires et philosophiques, et probablement employé sur L’Enfer en tant que tel. Le succès international du film poussa les trois cinéastes à co-réaliser une adaptation de L’Odyssée (1911), qui n’a que partiellement survécu jusqu’à nous.
Italie / 1h11 / Imdb / DVD
Titre original : L’Inferno
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Octobre • Sergueï M. Eisenstein • 1928 Sergueï M. Eisenstein / 1928

Février 1917 : le système tsariste s’effondre, et la bourgeoisie prend provisoirement le pouvoir. À Saint-Pétersbourg, les manifestations populaires sont réprimées dans le sang…
Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein (1898-1948) est l’un des cinéastes les plus célèbres de l’histoire du cinéma – et l’emblème virtuose de l’école soviétique muette qui, dans la deuxième partie des années 20, explora toutes les possibilités expressives, narratives, et esthétiques du montage. Si Eisenstein a beaucoup théorisé son propre cinéma, et inventé de nombreux concepts (montage des attractions, montage polyphonique ou vertical…), son œuvre possède aussi une part plus inconsciente : exultante, extatique, impulsive, violente, voire sexuelle. La liberté artistique et les moyens inédits dont il bénéficie durant le muet (où il chante l’histoire de la révolution soviétique) ne dureront pas : parti un temps à l’étranger (Europe, USA, Mexique), il aura bien plus de difficultés à son retour en URSS, ses films parlants rencontrant la réticence et la censure du pouvoir Stalinien.
Grigori Aleksandrov (1903-1983) est d’abord connu pour avoir été le collaborateur (acteur, co-scénariste) d’Eisenstein, et surtout son co-réalisateur sur deux de ses films muets (Octobre et La Ligne générale). Il le suivra jusqu’au Mexique, puis prend son indépendance et retourne en Russie avec un film burlesque, qui est aussi le premier film musical soviétique (Les jolis garçons, 1934, énorme succès en salles). Il sera paradoxalement moins inspiré suite à la mort de Staline (alors même que le censure désserre quelque peu son étau), se retranchant dans la réalisation de films documentaires sur la révolution.
URSS / 2h22 / Imdb / DVD
Titre complet : Octobre : dix jours qui ébranlèrent le monde
Titre original : Oktyabr’ : Desyat’ dney kotorye potryasli mir
Coréalisé avec Grigori Aleksandrov
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Preston Egg Rolling • Mitchell & Kenyon • 1901 Mitchell & Kenyon / 1901

“See Yourselves as Others See You” : durant les premières années du cinéma, Mitchell et Kenyon allèrent de ville en ville filmer les gens en journée, pour leur projeter leur image le soir même… (film entier).
Sagar Mitchell (1866-1952) et James Kenyon (1850-1925) fondèrent la compagnie “Mitchell & Kenyon” (aussi appelée la “Norden”) en 1897, entreprise qui fut l’une des plus importantes du tout jeune cinéma britannique. S’ils ont réalisé des fictions et des films d’actualités rejouées, ce sont leurs vues documentaires (foires, parades, scènes de rues, évènement sportifs…) réalisées de leur propre initiative ou sur commande (d’usines, de municipalités…) qui furent très populaires auprès du public : le peuple filmé, assuré de se voir à l’écran le soir même, a un rapport inédit à la caméra qui fait toute la saveur de ces vues. Les films de Mitchell et Kenyon, au-delà d’être singuliers dans leur forme (accumulation maximum de personnes et configurations étranges qui en résultent, successions rapides de plans…), constituent également un important témoignage sociologique.
Royaume-Uni / 0h02 / Imdb / DVD